Accord Yahoo ! Japan/Google : nouveau monopole sur le marché du commerce en ligne

July 29th, 2010

Yahoo ! Japan a annoncé récemment que l’entreprise allait changer sa technologie de recherche en payant désormais le moteur de recherche Google pour ce service. Yahoo ! Japan et Google détiennent déjà virtuellement 100% du marché de la publicité en ligne au Japon.

Icomp a réagi suite à cette annonce en publiant un communiqué de presse disponible ici. Une concurrence plus faible nuerait aux éditeurs en ligne, aux publicitaires et donc aux consommateurs. En effet, cet accord leur permettrait de gagner quasiment tous les contrats de publicités et d’éditions en ligne et empêcherait ainsi une concurrence saine du marché. Autre conséquence de ce partenariat Yahoo ! Japan et Google : grâce à leur ultra-domination du marché, ils pourraient augmenter les prix des publicités tout en diminuant la part du revenu publicitaire revenant aux éditeurs en ligne. Google obtiendrait ainsi une position de quasi-monopole au Japon, d’autant plus inquiétante que cette situation se présente déjà dans de nombreux pays. Pour toutes ces raisons, David Wood, Directeur Juridique d’Icomp estime que « Google ne devrait pas être autorisé à signer cet accord en raison de principes antitrust ».

Le Japon étant le second marché au monde dans le domaine de la publicité, tous les mouvements qui affecteraient la publicité en ligne dans ce pays auraient des effets sur le marché mondial de la publicité en ligne. De nombreuses autorités antitrust ont examiné le cas Google dans le monde et ont abouti au consensus suivant : Google dispose d’une position dominante sur le marché de la recherche et de la publicité en ligne aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs. ICOMP conseille ainsi aux autorités de régulation au Japon et dans le monde entier de s’assurer que leurs lois soient bien appliquées et de jouer leur rôle afin de créer une réelle concurrence sur le marché du commerce en ligne.

Concrètement, comment fonctionnerait cet accord ?

Les deux entreprises ont publié le diagramme ci-dessous expliquant le fonctionnement pratique de ce partenariat :


Ce diagramme montre clairement ce que les mots ne font pas. Le rapprochement entre Google et Yahoo ! Japan donnera à Google un quasi-monopole aussi bien sur les algorithmes de recherche que sur la publicité en ligne au Japon. Tous les encadrés bleus et rouges du diagramme ne seront plus fournis par Yahoo ! Japan mais par Google dans une totale absence de concurrence. Cela ressemble à l’accord Google / Yahoo ! qui a provoqué l’opposition du Ministère de la Justice américain en 2008. Les termes sont similaires, tout comme leurs parts de marché combinés et l’impact de cet accord sur le marché.

« A cette étape, nous ne sommes pas sûrs que des discussions aient déjà eu lieu avec les autorités antitrust japonaises » explique David Wood, Directeur Juridique d’Icomp. « Quoiqu’il en soit, il est très important que les publicitaires et éditeurs en ligne manifestent leur opinion dès maintenant ».

Le lancement d’Icomp en France : un véritable succès

July 9th, 2010

Le 1er juillet à l’hôtel Hilton à Paris, plus de 50 personnes ont assisté au lancement d’Icomp en France. Experts juridiques, spécialistes du Web et de la propriété intellectuelle, acteurs du monde de la communication ou encore journalistes se sont ainsi réunis pour échanger et débattre autour de la problématique des droits d’auteur, du détournement des marques et de la protection des données privées.

« Il est nécessaire de mettre en place des normes pratiques favorables à l’émergence d’un modèle économique durable pour l’Internet » a déclaré David Wood, Directeur Juridique d’Icomp en inaugurant ce colloque. Icomp a ainsi présenté en avant-première européenne un livre blanc à ce sujet : La recherche de pratiques commerciales durables, qui formule différentes hypothèses pour un Internet plus juste commercialement. Vous pouvez retrouver ce livre blanc en cliquant ici. Icomp affirme en effet dans ses principes fondateurs que “toutes les parties prenantes doivent respecter les droits des auteurs et des éditeurs tout en encourageant les investissements dans l’innovation et l’émergence de modèles économiques en ligne durables et loyaux.”

Echanges et débats autour du partage de la valeur sur Internet et la propriété intellectuelle

Partage des connaissances, interactivité et débats ont été les maîtres mots de la seconde partie de ce colloque au cours de deux tables-rondes.

Le thème de la première : le partage de la valeur sur Internet suite à l’évolution d’Internet, l’émergence de nouveaux modèles et de nouvelles pratiques commerciales qui a réuni Laurent Cohen-Tanugi, avocat aux barreaux de Paris et de New York, Alain Levy, Président de Weborama, Laurent Bérard-Quélin, Directeur général de la Société Générale de Presse, Bruno Patino, Directeur général de France Culture, et Mathieu Moreul, Premier League anglaise.

En conclusion des discussions, si Internet est un espace commun, il est un espace où les abus de positions dominantes naissent très rapidement, nécessitant ainsi une forte intervention de l’Etat. La rapidité des décisions politiques et la mise en place d’outils d’autorégulation au niveau national sont deux éléments essentiels pour assurer la pérennité d’Internet. De même, les intervenants ont souligné qu’il était essentiel de réguler l’opérateur de réseaux et de permettre aux auteurs de fixer le prix de vente final de leur œuvre intellectuelle pour garantir le maintien de la créativité intellectuelle en France.

Animée par Marie-Anne Gallot Le Lorier, avocate à la Cour d’Appel, et avec les interventions de Christiane Féral-Schuhl, avocate spécialisée dans le droit de propriété intellectuelle et artistique, Nathalie Metalinos, ancienne membre de la CNIL et responsable à la Société Générale de la protection des données personnelles, et François Wallon, expert judiciaire auprès de la Cour de Cassation la seconde table-ronde avait pour thème propriété intellectuelle et Internet : contrefaçon/copyright, droits d’auteur, détournement d’œuvres, données personnelles.

Celle-ci a abouti aux conclusions suivantes : un nombre très important de données est répandu de manière immédiate au niveau mondial; données qui ont une mémoire d’éléphant très difficiles à faire disparaitre et qui posent des risques à deux niveaux : d’une part à l’atteinte à la vie privée et d’autre part dans le cadre de l’entreprise. Pour que les créateurs, les moteurs de recherche et les intermédiaires techniques trouvent des solutions pour préserver la propriété intellectuelle, il faudrait d’abord que les règles de chaque pays soient respectées et que l’ensemble des acteurs travaillent en partenariat. Autre point essentiel : la surveillance des internautes. S’il faut éviter les dangers d’une surveillance généralisée, il est important de se livrer systématiquement à une réflexion sur l’équilibre des intérêts entre la protection nécessaire des droits d’auteur et celle des données à caractère personnel, qui englobe la protection de la vie privée. Enfin, l’élaboration d’une définition précise du statut et du rôle des intermédiaires et des moteurs de recherche se fait de plus en plus attendre. En effet, sous prétexte qu’ils ne seraient « que » des intermédiaires, ces derniers se dédouanent de toute responsabilité dans les erreurs qui sont pointées du doigt et rejettent la faute sur les éditeurs et fournisseurs de contenu. Les lois mises en place ne suffisent pas, il est nécessaire de revenir à des principes généraux du droit pour pouvoir mettre en cause les responsabilités des véritables fautifs.

Avec des interventions de qualité sur des thématiques au cœur de l’actualité, le lancement d’Icomp en France a répondu à son objectif : faire entendre une autre voix sur la vision du commerce sur Internet. A suivre donc…

Propriété intellectuelle : le rapport Gallo au cœur du débat

June 18th, 2010

L’Union Européenne a adopté au début du mois le rapport Gallo sur la propriété intellectuelle à 13 voix contre 8. La rédactrice de ce rapport, Marielle Gallo, eurodéputée UMP, explique que celui-ci vise à « renforcer l’application des droits d’auteur sur le web ». L’adoption de ce rapport crée des réactions très vives en France parmi les organisations telles que Reporters sans Frontières ou La Quadrature du Net.

Quelles sont ces critiques ?
- D’avantage de répression
Pour Reporters sans Frontières, celui-ci « encourage le dispositif répressif en matière de droits d’auteur sur Internet » car « il ne fait pas la différence entre les infractions de contrefaçon à but commercial et celles non-commerciales comme le partage de fichier sur Internet ». La Quadrature du Net explique que « le rapport Gallo est un appel à plus de répression, avec des ripostes de type graduée »

- Une assimilation entre partage et vols
Ces deux organisations affirment que le rapport Gallo demande une collaboration des intermédiaires techniques, à travers la mise en place d’une police privée qui va contacter les FAI pour leur demander de bloquer tel ou tel service ou des informations sur leurs abonnés.

Dans le cadre de ce débat sur la propriété intellectuelle, ICOMP dévoile en France, le 1er juillet après-midi et en avant-première mondiale un white-paper sur ce thème lors d’une conférence à Paris. Au programme : présentation du livre blanc par Marie-Anne Gallot Le Lorier, avocate à la Cour d’Appel, et Christiane Féral-Schuhl, avocate spécialiste des questions de propriété intellectuelle, suivi d’une table ronde sur le sujet. Pour plus d’informations, veuillez contacter Hélène Boulanger (helene.boulanger@bm.com – 01 41 86 76 21).

Source : nouvelobs.com

Le long chemin vers l’application d’HADOPI

May 27th, 2010

La loi Création et Internet ou HADOPI 2 a été officiellement promulguée au journal officiel par décret d’application  le 31 décembre 2009. Cette loi éponyme crée la  Haute Autorité pour la diffusion des œuvres  et la protection des droits sur internet (Hadopi), qui vise à enrayer le téléchargement de musique, de films et livres numériques. Près de 6 mois se sont déjà écoulés sans que cette dernière ne soit complètement opérationnelle.

Pourquoi ?

La première raison de cette lenteur réside peut être dans le flou qui entoure les prérogatives d’Hadopi. Dans sa décision du 10 juin 2009, le Conseil Constitutionnel avait censuré une partie de la première version de la loi, en retirant à l’autorité tout pouvoir de sanction, estimant que le libre accès à internet est devenu une composante essentielle de la liberté d’expression, et qu’elle ne pouvait donc être restreinte par le simple fait d’une Autorité administrative.  La loi Hadopi 2 attribue donc ce droit à la Justice, qui pourra être saisie de façon simplifiée pour statuer sur les dossiers de piratage qui lui seront transmis par des agents de cette dite autorité.

Or, ces agents ne sont pas encore tous recrutés. Selon Le Monde.fr, le recrutement de 50 à 70 personnes, à terme, est « en cours », ce qui retarde la mise en place de l’Hadopi. D’ailleurs, il suffit de s’aventurer sur Internet pour se rendre compte des offres d’emploi qui appellent à venir grossir les rangs de ces agents de l’Internet.

Mais Eric Walter, secrétaire général de l’Hadopi, a prévenu : les premiers envois de mails aux internautes auront lieu « fin juin ». Ces mails qui avertiront les internautes en infraction est le premier maillon d’une « riposte graduée », qui fait l’objet d’un débat vif en France. Beaucoup de détracteurs reprochent en effet à la loi son manque d’efficacité pour protéger les œuvres des créateurs. En effet, les internautes ont développé d’autres moyens que le désormais très surveillé P2P, tels que le streaming (transfert de données sans téléchargement), rendant la loi obsolète pour ses pourfendeurs. En outre,  ils estiment que les fournisseurs d’accès à internet (FAI), en charge de récupérer les coordonnées des pirates, n’ont pas la capacité technique de filtrer l’ensemble du réseau.

D’autres s’inquiètent des risques d’erreurs qu’introduit la loi. Elle sanctionne en effet la « négligence » d’un titulaire d’une connexion à Internet depuis laquelle un pirate a pu se connecter. Les détracteurs  y voient la porte ouverte au tout répressif sans véritable discernement (usurpation de l’adresse IP, connexion Wifi  non sécurisée…). Dans La bataille Hadopi, un collectif d’une quarantaine d’experts et de personnalités, (Jacques Attali, Daniel Cohn Bendit…) réduit la loi  à « arsenal de répression couteux qui ne rapportera pas un centime supplémentaire aux créateurs et plongera l’internaute dans une insécurité juridique totale ».

L’Hadopi va donc devoir faire face à ces nombreuses critiques, d’autant plus que le débat reprend à l’initiative des fournisseurs internet. Selon Les Echos, le fournisseur d’accès à internet associatif French Data Network (FDN) a déposé un recours devant le conseil d’Etat pour vice de forme, faisant valoir que l’Arcep (Autorité de régulation des communications) doit être sollicitée pour tout décret portant sur l’activité des opérateurs. Un élément qui risque de retarder, encore un peu plus, la mise en application de la loi contre le piratage…

Intrusion dans la vie privée par essence ? Les principes de Google sur la vie privée mis à l’épreuve

May 24th, 2010

De nombreuses personnes en Europe et aux États-Unis ont été surprises lorsqu’un député allemand a réussi à faire admettre à Google qu’il avait, systématiquement, pendant plus de trois ans, collecté des informations confidentielles appartenant à des consommateurs, des entreprises et des gouvernements dont les réseaux Wi-Fi n’étaient pas sécurisés. Sur son blog officiel, Google a reconnu avoir trompé les utilisateurs et les organismes de protection de données. Malgré ses déclaration précédentes contradictoires, Google a reconnu que, lors de son passage en Europe (et aux États-Unis également), la société avait également recueilli des échantillons de données utiles (comme des courriers électroniques et des documents) sur des réseaux Wi-Fi ouverts (c’est-à-dire non protégés par un mot de passe) pour prendre des images pour son application « Street View ». Google a affirmé qu’il s’agissait d’une « erreur » et que « ces données n’avaient jamais été utilisées dans des produits Google ». Ces déclarations laissent pourtant un grand nombre de questions en suspend.

Certaines d’entre elles ont été soumises à la Commission par le député européen Alexander Alvaro (ALDE, Allemagne). Ce dernier a tenu tout d’abord à souligner que  la plupart des données captées sont des données privées au sens de la législation européenne, et qu’elles ont été interceptées sans que les utilisateurs affectés n’aient donné leur accord ou n’en aient eu connaissance, et que, par conséquent, de nombreuses lois d’Etats membres relatives à la directive sur la protection des données et la directive sur la confidentialité électronique sont susceptibles d’avoir été enfreintes. M. Alvaro a ainsi soulevé  un certain nombre de questions concernant des principes essentiels que je souhaite retranscrire ici :

1. Quelles mesures la Commission va-t-elle prendre pour s’assurer qu’aucune donnée privée, représentant une preuve potentielle lors d’un procès pénal ou civil, ne sera plus détruite ?
2. La Commission a-t-elle contacté les autorités de protection des données en Allemagne et dans d’autres Etats membres pour connaître les mesures mises en œuvre et les principes de loi sur la protection des données qui ont été enfreints dans leurs juridictions ?
3. La Commission aidera-t-elle les autorités de protection de données des Etats membres à mener des investigations approfondies, vérifier que les règlements européens sur la vie privée sont respectés et que les citoyens européens sont protégés ?
4. S’il s’avère que Google a bel et bien enfreint les règlements européens sur la protection des données, quelles mesures la Commission prendra-t-elle ?

Peter Schaar, l’officier fédéral chargé de la protection des données en Allemagne, a joué un rôle capital dans la révélation au grand jour des pratiques de Google, tout comme le Professeur Johannes Caspar de l’organisme de protection des données à Hambourg en soulevant des questions majeures telles que la suivante: comment est-ilpossible qu’une entreprise aussi importante que Google puisse se servir d’un produit collectant des quantités énormes de données privées sans réaliser ce qu’elle faisait ?  M. Schaar est allé encore plus loin en demandant si cela était une des caractéristiques de la politique de protection des données de Google. Comme il l’a souligné, l’« erreur » Street View est un énième exemple dans lequel des produits ou services lancés par Google ont sérieusement bafoué la vie privée et les principes de protection des données. En effet, quelques jours après avoir mis en place le navigateur Chrome, Google a remanié les réglages sur la politique de confidentialité du produit, après le tollé provoqué auprès des consommateurs et des législateurs. Toutefois, cela n’a pas empêché Google de lancer Buzz, un produit qui, encore une fois, n’était pas prêt pour le grand soir, et encore moins à la hauteur de ses obligations en matière de sauvegarde des informations privées de ses clients.

Dans son « Agenda numérique pour l’Europe » d’hier, la Commission européenne a répété que le droit à la confidentialité et à la protection des données privées était un droit fondamental dans l’Union européenne qui doit  être appliqué de manière efficace à l’aide de différentsmoyens tels que l’application du principe de « Privacy by Design » (Respect de la vie privée dès la conception) dans les technologies TIC pertinentes jusqu’à la mise en place sanctions dissuasives dans certains cas. La succession de violations de la vie privée citées plus haut montre très clairement que, quelles que soient les déclarations publiques de Google, le respect de la vie privée est loin d’être sa priorité. Tous ces éléments incitent à penser que l’intrusion dans la vie privée est devenue une composante de la plupart des produits récemment proposés par Google.

Comme lors des cas précédents, le directeur général de Google, Eric Schmidt, ne semble pas prendre la mesure du problème. A de nombreuses reprises, ce dernier a nié toute erreur de la part de Google, rejetant la faute sur les utilisateurs. « Si vous voulez que cela reste dans le domaine privé, vous ne devriez pas le faire en place publique » est le conseil qu’il a donné aux utilisateurs dont les données ont été détournées par Google. Ce récent pied-de-nez aux pratiques peu scrupuleuses de Google sur la vie privée revient à dire : si les gens laissent leurs réseaux Wi-Fi sans protection, ils ne devraient pas être surpris qu’une société les espionne.

M. Schmidt, a adopté une approche plus juridique. Selon lui, le problème n’est pas de savoir si les données privées ont été captées ou non, mais s’il en découle un dommage. Comme il l’explique au journal britannique The Guardian, « personne ne peut prouver l’existence d’un dommage [causé par ces données] ». « Pas de dommage, pas de faute » est la défense de Google. Espérons que Johannes Caspar, qui attend désormais la réponse officielle de Google à ses nombreuses questions, ne soit pas ébranlé par ces considérations générales et qu’il continue de faire pression sur Google jusqu’à ce qu’il obtienne ses réponses, ainsi que les véritables disques durs utilisés dans les camions qui ont fait le tour de l’Allemagne et des garanties qu’aucune preuve n’a été détruite. S’il ne peut les obtenir, il sera peut-être temps d’appliquer ces fameuses « sanctions dissuasives » qu’a évoquées la Commission européenne.

Auke Haagsma
Directeur d’ICOMP

La propriété intellectuelle en débat

May 5th, 2010

Le 26 avril s’est tenue la journée mondiale de la propriété intellectuelle. Sujet au cœur de l’actualité, la propriété intellectuelle est l’un des moteurs de croissance d’Internet. En effet, la créativité et l’expression ont trouvé sur la Toile un terrain de jeu propice à leur développement qui permet aux créateurs de toucher de nouveaux publics. De même, la multiplication de contenu en ligne de qualité a aidé les sociétés à investir de manière pérenne sur Internet.

Pourtant, chaque jour un nouveau créateur (auteur, acteur, photographe, etc.) explique qu’Internet lui fait perdre ses droits de propriété intellectuelle ou porte atteinte à son activité. Leur leimotiv : les entreprises qui dominent le marché du Net menacent l’existence même de l’industrie du contenu en ligne.  Face à l’émergence de l’industrie de la publicité en ligne, les journaux en Europe et dans le monde se retrouvent dans une situation très alarmante, illustrant ainsi très clairement le débat sur les pratiques commerciales d’Internet.

Comme l’explique Lisbeth Kirk, rédactrice en chef de l’EUobserver, « gérer le contenu créatif en ligne sera l’un des principaux défis politiques pour la nouvelle Commission européenne et le Parlement européen pour les 5 prochaines années ».

ICOMP affirme que toutes les parties prenantes doivent respecter sans réserve les droits des auteurs et des éditeurs tout en encourageant les investissements dans l’innovation et l’émergence de modèles de société en ligne durables et réguliers.

Internet, un outil puissant pour la démocratie

April 23rd, 2010

23 avril 2010

Le réseau social Facebook a travaillé avec la Commission Electorale pour l’aider à inciter les jeunes votants du Royaume-Uni à s’inscrire sur les listes électorales avant la date limite du 20 avril. Pour encourager ceux n’ont pas réussi à s’inscrire, comme ce fut le cas pour 3,5 millions de votants en Angleterre et au Pays de Galle en 2001, cette initiative prit la forme d’une enchère. Alors que l’efficacité de cette action doit encore être prouvée au Royaume-Uni, elle démontre le poids d’Internet comme un outil pouvant multiplier la participation démocratique.

ICOMP s’intéresse à ce type de développement car c’est un nouveau moyen de capter les audiences les plus jeunes. Si vous visitez la page Democracy UK sur Facebook, vous verrez comment cette initiative a provoqué un débat entre jeunes électeurs sous la forme d’un « débat en ligne » qui leur a permis de poser directement leurs questions aux parlementaires candidats aux prochaines élections : Gordon Brown, David Cameron et Nick Clegg.

Des développements de cette nature sont encourageants. Comme ICOMP le précise dans ses Impératifs, ICOMP pense que toutes les parties-prenantes en ligne devraient promouvoir l’alphabétisation digitale et rendre Internet accessible à tous.

ICOMP soutient ces initiatives qui soulignent l’importance d’un Internet ouvert, qui encouragent la participation d’un large éventail d’individus et fournissent à chacun l’opportunité d’avoir sa part de voix dans la communauté en ligne.

Google prend position face à l’interventionnisme du gouvernement

April 21st, 2010

21 avril 2010

Que ce soit par accident ou volontairement, Google a présenté son « Registre des requêtes auprès du gouvernement » le jour même où les services en charge de la protection des données du monde entier ont publié une lettre dénonçant les pratiques de Google en matière de vie privée.

Ce Registre peut être un outil utile et il est intéressant d’en suivre son développement. Cependant, si cette démarche, digne de respect, va trop loin, elle risque d’induire le public en erreur plutôt que de l’éclairer. La couverture médiatique et les explications de Google sur ce Registre font constamment référence aux volontés du gouvernement de supprimer du contenu ou de divulguer des données. Par exemple, le service « Government requests directed to Google and YouTube » évoque les agences gouvernementales. David Drummond, responsable juridique de Google, est cité par le Wall Street Journal : « nous espérons que cet outil va mettre en lumière l’importance et l’impact des demandes du gouvernement sur la censure et les données, partout dans le monde ».

Il semble cepedant que le Registre n’inclut pas simplement des actions des agences gouvernementales mais aussi des décisions judiciaires, qui à la demande des citoyens, protègent leurs droits comme la vie privée et le respect de leurs informations. Bien entendu, certains pourraient souligner que ces cours de justice sont aussi, lorsqu’elles répondent aux demandes des citoyens, une arme du gouvernement. Mais il y a une grosse différence entre la censure type Big Brother que Google semble mettre en évidence et le rôle indépendant propre aux cours de justice dans protection de droits individuels.

En confondant ces deux sujets bien distincts (encore une fois, par accident ou volontairement), il y a un risque que les droits des individus à se protéger eux-mêmes contre (par exemple) les abus de pouvoir, qu’ils soient exercés par le gouvernement ou des entreprises telles que Google, ne soit réduit.

Bienvenue

March 6th, 2010

C’est un plaisir de vous accueillir chez ICOMP Voices et sur le blog d’ICOMP.

Nous souhaitons créer, dans cet espace, un forum de discussion sur l’évolution d’Internet, sur la manière dont celui-ci influence nos vies aussi bien personnelle que professionnelle. Outre l’échange de réflexions et d’opinions, nous voulons inviter les organisations et les individus à partager leurs expériences ; avec un intérêt particulier pour les mesures à prendre pour qu’Internet demeure un endroit sûr, compétitif et transparent, dans lequel la prochaine génération d’innovateurs et d’entrepreneurs pourra prospérer.

Nous décrypterons également l’information, des sujets sur les entreprises et les consommateurs – traités dans le rapport intitulé Digital Britain Report, rédigé par Lord Carter -jusqu’aux effets de la puissance du marché sur Internet et la manière dont il peut nuire aux choix et à l’innovation. N’hésitez pas à ajouter vos remarques et commentaires lors des mises à jour. Si vous êtes universitaire, fonctionnaire, statisticien, chercheur ou analyste, nous vous invitons à nous envoyer tous les documents que vous avez à partager concernant les sujets que nous développons actuellement.

Je ne serai pas la seule personne à parler ici ; d’autres membres de l’équipe d’ICOMP participeront, nos membres ainsi que d’autres voix et experts seront également invités à participer à cette discussion. Si vous voulez partager vos points vues, mais que vous n’avez pas encore pris contact avec nous, cliquer sur le bouton ci-dessous pour nous contacter.

Si un sujet de discussion vous interpelle et que de ce fait, vous souhaitez rejoindre ICOMP, commencez par signer notre liste de principes.

Très cordialement,
David Wood, conseiller juridique d’ICOMP